Amalgame

Une vision du mariage différente de mes traditions

Je suis une étudiante étrangère. Cela fait 5 ans et demi que j’ai décidé de venir continuer mes études et de poser mes valises dans ce merveilleux pays. Je suis originaire des Comores. Une petite île perdue dans l’Océan Indien, tout près de Madagascar.

J’ai eu la chance d’y retourner l’été dernier et de revoir mes parents. Pendant ces vacances, je me suis rendu compte qu’il y avait un fossé entre les habitants de ce merveilleux pays et moi. En fait, je ne partageais plus certaines traditions et valeurs.

Pendant mon séjour, une de mes amies d’enfance faisait le grand mariage appelé Anda. Le fait qu’elle avait un an de moins que moi faisait capoter ma mère parce que, chez nous, c’est inconcevable, ça aurait dû être moi d’abord. En fait, dans nos traditions, il y a deux mariages : le religieux, qui se passe en une journée, et le Anda, qui dure une semaine et pendant lequel les familles dépensent des fortunes pour les cérémonies et les cadeaux. Ma mère ne voulait pas me l’avouer, mais je sais que, toute cette période, elle priait tous les soirs pour que ce soit bientôt mon tour. Cependant, je pense qu’elle n’a pas prié assez fort. Un an plus tard, je suis toujours célibataire.

Mariage couteux

Un soir, après avoir aidé mon amie dans les préparatifs d’une des 7 cérémonies de son mariage, j’étais assise au salon avec ma mère, et elle m’a demandé : « C’est quand que tu nous présentes quelqu’un ? Parce que tu te fais vieille hein, tous tes amis sont mariés et ils ont des enfants. » By the way, j’avais juste 24 ans, on est d’accord que ce n’est pas vieux hein. Je lui ai répondu : « Mais maman, avec tous tes critères, c’est impossible pour moi même d’avoir des chats hein, pourtant eux aussi, ils te donnent de l’amour. En plus, la vie n’est pas une course ; ce n’est pas parce que je prends plus de temps que les autres que j’ai échoué. » Ma mère m’a juste lancé un de ses regards de serial killer et elle est partie dans sa chambre.

En fait, pratiquement toutes les fois lorsqu’on allait chez mon amie pour l’aider dans ses préparatifs, je critiquais le Anda. Pas son mariage, mais le Anda en général. Découvrir la culture canadienne m’a fait remettre en question certaines coutumes et tradition des Comores.

Je crois que le Anda creuse l’écart des richesses et des inégalités sociales. En effet, le budget pour faire celui-ci est d’à peu près 50 000 euros, donc il y a beaucoup de familles qui s’endettent pour pouvoir le faire.

Ce qui est malheureux, c’est qu’il y a de jeunes comoriens qui sont favorables à cette tradition désuète, juste pour bien paraître aux yeux des autres, alors qu’ils n’ont même pas assez d’argent pour se bien nourrir.

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