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Comprendre l’industrie du détail v.s. les designers locaux. (Partie 1)

De la part d’une designer qui débute dans l’industrie de la mode montréalaise. Je ne suis pas la première à faire le point sur le sujet. En écrivant cet article, je me rends compte qu’il y a beaucoup plus à dire, alors voici la première partie sur un sujet qui je pense nous concerne particulièrement en tant que consommateur à cette période précise. Avant d’aller en profondeur, je vais vous faire une image de l’industrie de la mode, fleuron de notre culture actuelle.

Le «Fast fashion»

Un modèle utilisé par le commerce de détail permet aux consommateurs de s’offrir les dernières tendances à un prix abordable. Ce modèle axé sur la production de masse cherche à répondre aux besoins des consommateurs de cette ère moderne qui veulent leurs produits en un court laps de temps, voir à l’instant même. Un exemple clair de ce modèle est le détaillant Zara. En effet, leurs équipes trouvent la dernière tendance puis  l’envoie par la suite en production, qui livre le tout en magasin et ceci en dedans de 10 à 15 jours, a écrit Forbes en 2012. Bien qu’il soit attrayant d’obtenir un produit vite et qui est tendance, le système du «fast fashion» fait en sorte que le consommateur est hors mode après une saison. Ainsi, le consommateur doit continuellement renouveler sa garde-robe et se retrouve bien souvent avec une garde-robe remplie de produits qui ne servent plus après un an. Qui dit sortie rapide en magasin, dit aussi production rapide. Ceci explique le rapport qualité-prix, par exemple le t-shirt à 10$ qui se défraîchit après un lavage, qui a été fait pour qu’il puisse être racheté la saison suivante. Un cycle, qui à mon avis est contraignant, surtout pour le consommateur. Ayant fait le grand ménage de ma garde-robe il y a deux ans de cela, je suis toujours à la recherche de moyens pour recycler, redonner et revendre une bonne partie des items qui ne me servent plus à ce jour. Étant dans une période où j’essaie d’avoir une consommation modeste, je peux vous affirmer qu’il est difficile de changer ses habitudes de consommation.

Le «Slow fashion»

Les conséquences de deux garde-robes trop remplis et mon désir de me lancer dans l’industrie de la mode ont conduit mes recherches sur ce phénomène récent que l’on appelle le «slow fashion». Ce terme parle beaucoup plus que de «ralentissement». Il invite le consommateur à s’éduquer sur la provenance des items qu’il achète, à investir dans la qualité et à adopter une consommation intelligente. Mouvement d’une popularité montante, le «slow fashion» défend la mise en place de pratiques éthiques permettant ainsi d’avoir un impact réel sur l’environnement. En lien avec ce terme, on entend souvent parler aussi de «Sustainability», soit le commerce équitable. Bien souvent ce terme fait peur, car on pense tout de suite à l’image de la fille «granola», ce qui ne fait pas très tendance. Il ne s’agit pas ici de tricoter ses propres mitaines, mais de faire des choix sensés qui encourageront ce type de commerce.  C’est dans cet esprit que la marque Evelane a été fondée. Cette marque américaine parle de «transparence radicale». L’équipe basée en Californie a décidé d’approcher le marché du vêtement en ayant comme défi de trouver des manufactures éthiques et de dévoiler le prix réel manufacturé de leur produit tout en assurant des informations détaillées sur la provenance de chaque produit.

Robe chemise. everlane.com
Robe chemise. everlane.com

 

Explication du prix de la robe chemise. everlane.com
Explication du prix de la robe chemise. everlane.com

Une dualité sans précédent, le «fast fashion» domine et reflète la façon populaire de consommer, alors que le «slow fashion» met un point d’interrogation sur notre pouvoir d’achat et notre contribution écologique. La deuxième partie de ce grand sujet couvrira l’aspect environnemental de l’industrie du vêtement, qui représente l’un des plus grands pollueurs de notre ère,  étant classé deuxième après les déversements de pétrole en 20152.

  • Les opinions exprimés dans ce texte ne concernent que l’auteur de l’article

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