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L’avenir d’un violeur est plus important que celui de sa victime

Condamné à seulement 6 mois de prison pour le viol d’une étudiante inconsciente lors d’une soirée, Brock Turner est sorti de prison ce vendredi pour bonne conduite.

Le juge de cette affaire, Aaron Persky, qui est un ancien étudiant de l’Université Standford a condamné Brock Turner à une possible peine de 14 ans de prison, puis à une autre de 6 ans et finalement, à 6 mois d’emprisonnement sous le prétexte qu’une trop longue peine pourrait avoir un sévère impact sur le champion de natation de l’université, mais pas sur sa présumée victime. La jeune femme a par ailleurs décrit ce qu’elle avait vécu dans une lettre qui est devenue virale après être lue lors du procès.

Vous pouvez lire la lettre ici : Cliquer sur ce lien

La sentence, une fois rendue, a causé une vague d’indignation en Amérique et ailleurs à tel point que le juge s’est vu suspendre certaines causes judiciaires. Pendant qu’il servait sa sentence, Turner a dû être séparé des autres détenus pour sa propre sécurité due à la nature de ses actes, alors que sa victime devra vivre avec les nombreuses séquelles.

Tout cela a remis sur le tapis le « white privilege » dont il a bénéficié et que d’autres, avant lui, ont eu pour des crimes très graves qui méritaient des peines très lourdes. Mais ironiquement, c’est toujours les mêmes excuses qui reviennent lorsque ça se passe : « C’est juste un jeune qui a fait une bêtise », « Il/elle ne faisait que s’amuser », « Pourquoi le/la punir et détruire complètement son avenir ? ». Les juges préfèrent blâmer la victime et dire que c’est sa faute ou qu’elle a couru après ce qui lui est arrivé.

Ce genre de traitement de faveur et de présomption d’innocence est inexistant pour les communautés visibles dans le système judiciaire américain parce qu’elles sont catégorisées à cause de la couleur de leur peau, les préjugés à leur encontre et la perception des forces de l’ordre à leur égard. Par exemple, les Afro-Américains sont considérés comme des gros durs qui volent, qui tuent, qui font partie de groupes criminels, en bref, ils commettent crime après crime, etc.  Est-ce qu’il y a des gens de la communauté noire qui font des crimes ? Bien sûr ! Comme dans toutes les autres communautés. Est-ce que cela représente toutes les personnes de la communauté noire ? Aucunement.

Brian Banks n’a pas eu droit à ce même traitement de faveur, il a été faussement accusé de viol, alors qu’il venait de se faire offrir une bourse à l’Université de Californie du Sud (USC), mais il ne s’y est jamais rendu. Le fait qu’il était noir, qu’il venait d’un milieu défavorisé et qu’il avait la physique athlétique ont joué en sa défaveur, et la justice en a fait le coupable idéal. Ils n’ont pas trouvé ça étrange, l’absence de preuves matérielles ni de témoins.

Et l’université dans tout ça, elle lui a rapidement tourné le dos, alors que d’habitude ils se mettent en quatre pour protéger leurs athlètes qui rapportent des sommes extrêmement grosses. Malgré qu’il clame son innocence, il sera condamné à 6 ans de prison, mais il sera finalement innocenté de l’erreur judiciaire dont il a été victime.

En attendant, Turner est complètement libre malgré le fait qu’il y ait eu toutes les preuves pour le condamner à une peine plus lourde; et Banks qui s’est vu enlever son rêve, alors qu’il était innocent tout le long. Ce que ce traitement de faveur nous laisse comprendre c’est que l’avenir prometteur et la vie de ce jeune homme sont plus importants que la vie de sa victime.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

  • Les opinions exprimées dans ce texte ne concernent que l’auteur de l’article

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