Amalgame

La simplicité (in)volontaire, ou comment vivre avec moins de 100 $ / mois.

Je lisais cette semaine que d’après un récent sondage de l’Association canadienne de la Paie, la majorité des Canadiennes vivent d’un chèque de paie à un autre. Sans capacité réelle d’épargner. Personnellement je vis quasiment sans argent, pour des raisons politiques. En effet, je suis et j’aspire à une société anticapitaliste. Après avoir passée trop de temps dans la théorie, un bon matin la réalité m’a frappé dans la face : il faut que les bottines suivent les babines.

Je prends un instant pour préciser que j’ai le privilège d’être seule (sans enfants ni conjoint-e), de ne pas avoir de besoins spéciaux liés à un handicap ou à des frais médicaux par exemple et surtout d’avoir le temps nécessaire. Le temps est une denrée précieuse dans le mode de vie que je mène, car bien souvent il est essentiel pour disons faire le tour des magasins pour acheter le produit le moins cher ou bien faire une recette maison qui prend plusieurs heures. Je suis donc bien consciente que ce n’est pas tout le monde qui dispose de la possibilité de ne garder que les besoins essentiels et de couper dans certains produits de consommation. Je dis souvent que tant que je le peux, je vais continuer dans ce mode de vie alternatif et le jour où je serais au pied du mur, je changerais peut-être. J’ose croire que même si ce texte ne vous fera pas devenir aussi extrême que moi dans ma recherche de non-consommation, il vous fera peut-être adopter certains de mes petits trucs qui finissent par alléger le mois.
J’évite les frais inutiles
Pour commencer, quand je paye mon loyer, mon électricité et mon internet il me reste 66 $ pour le mois. Hahahaha. Heureusement, l’électricité passe aux deux mois. J’ai aussi une entente avec ma fée marraine (ma mère, c’est précieux une mère) qui me permet d’aller chercher un 200 $ de plus en changements de couches, grâce à sa garderie.

Je n’ai pas de compte bancaire pour plusieurs raisons. La première est politique. Les banques investissent notre argent et spéculent avec notre argent dans la bourse sur des compagnies qui vont parfois souvent à l’encontre de mes valeurs morales. La deuxième raison, c’est que voir mon argent et le toucher me permet de mieux en saisir la valeur et le contrôler. Je sais combien j’ai accès. Sans parler du fait que j’évite les frais bancaires indésirables, comme payer mes transactions pour avoir accès à mon propre argent. De plus, j’évite également d’être tentée de prendre une carte de crédit. J’ai peur de commencer et de vite me retrouver avec 10 000 de dettes. J’ai beau être pauvre, je ne suis jamais dans le négatif ce qui fait que je suis beaucoup plus riche que la plupart des gens autour de moi qui consomment de l’argent qui n’existe pas. Une autre raison pour laquelle je n’ai pas de compte bancaire, c’est que je n’ai jamais eu assez d’argent à mettre là-dedans. Genre je n’ai pas peur de me faire voler 60 $.

Je suis une personne qui consomme très peu au quotidien. Je vais tout le temps vers l’alternative la moins chère, même si celle-là me prend plus de temps.

 

Pour me nourrir
En nourriture : Faire du dumpster-diving, des banques alimentaires, des paniers d’agricultrices (pour pas cher / mois tu as un panier remplit de légumes locaux de saisons). Faire ses lunchs à la maison et éviter le plus possible d’acheter à l’extérieur. Tu peux faire de la pizza, tu peux faire ta propre poutine.

Sans oublier le fait que je prends l’habitude de faire en gros certaines choses. Parfois, les tomates sont 1$ le sac dans les épiceries de quartier. Quand elles sont à ces prix-là, elles sont souvent sont molles et dégueu. Mais c’est le moment parfait pour faire son Ketchup maison, par exemple.
Ou se faire une batche de barre tendre maison pour les petites faims quand on est à l’extérieur de la maison. Ou sa propre mayonnaise. Bref, 1001 exemples, mais qui peuvent prendre un peu de temps, mais qui l’économie en vaut la peine.

 

Pour mon hygiène personnelle

Source: http://www.plusminceplusjeune.org
Source: http://www.plusminceplusjeune.org

Pour ce qui est de mon hygiène personnelle, j’essaye le plus possible de faire mes produits maison ou d’acheter en gros. On peut fabriquer son savon, son shampoing, ses masques et même son propre maquillage (Ca c’est si on est vraiment motivé). Pour l’instant, et seulement parce que je suis une grosse paresseuse, j’achète encore des tampons, mais chez Costco (la boite de 220 à 20 $ me fait l’année). Je tente encore de me motiver pour une diva cup ou pour des serviettes lavables (y’a des tutos sur YouTube pour les coudre soi-même, pour les plus motivées).

 

Comme produit ménager : le vinaigre et le bicarbonate de soude seront ton meilleur ami pour la vie. Pour ce qui est des vêtements, je ne suis pas rentrée dans un centre commercial depuis des années. Même à Noël, je privilégie des cadeaux faits maison genre offrir un savon ou une assiette de brownies. Le truc c’est les échanges de vêtements, les friperies et les places genre Village des Valeurs ou Renaissance (quoi que leurs prix ont beaucoup augmenté ces derniers temps). Le plus important, c’est d’acheter par besoin et non pas parce que c’est beau. Et on peut être à la mode tout en achetant dans les friperies.

Ma vie sociale

Malgré tous ces efforts-là, il reste ce que les gens appellent  »la vie sociale ». Et la vie sociale les amies, c’est le véritable gouffre économique. Pour avoir un peu plus d’argent pour sortir, j’ai passé l’été à faire mes déplacements sur un vélo cheap qu’on m’a donné, mais l’hiver ça va être une autre histoire. Le fait de ne pas avoir de numéro de téléphone (vive les applications VOIP) fait en sorte que je dois prévoir mes sorties. Il n’y a pas la notion de  »on verra rendu là  » entre moi et mes amies, ce qui fait que je peux à l’avance prévoir mes sorties et mes dépenses. Pour garder une vie sociale, il faut donc préférer les partys/ chilling chez les gens (ou chez soi) plutôt que les sorties en club. Pour les bars, sachez que vous ne me ferez jamais rentrer dans un bar à cover. Parce que je ne bois pas de bière, je ne payerais pas pour la salle. Je ne comprends pas ce concept et je préfère les petits bars où l’ambiance permet de discuter et d’avoir du fun avec ses amis, sans être obligé de consommer où aussi on peut prendre des consommations sans alcool (c’est les meilleurs, et les moins chers sur la carte de la plupart des lieux de beuverie de la ville). Sinon vous pouvez toujours vous organiser un pique-nique entre amies, et apporter votre nourriture et votre propre alcool.

Le truc pour consommer le moins possible c’est donc de toujours aller vers la solution la moins chère même si le chemin pour y arriver est plus long, et de toujours se poser la question : est-ce que j’en ai vraiment besoin ? Je fonctionne de cette manière depuis déjà un bon moment, ce n’est pas parfait à 100 % , il m’arrive encore de craquer sur des dépenses inutiles que je regrette après, mais je fais au moins l’effort de réduire ma surconsommation.

  • Les opinions exprimées dans cet article ne concernent que l’auteur de l’article. 

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