Amalgame

Mon histoire d’acceptation et le fait que ma famille a toujours voulu que je sois plus ronde

Mon moi

Un moi fabriqué

Un moi que je demande si c’est le moi de moi-même

Un moi qui plusieurs fois écarte le moi-même.

Un moi qui me sert de vertu

Un moi qui n’est pas toujours le moi-même

Mais sur qui j’appuie pour mon petit passage sur la terre

Je suis en pleine phase d’évaluation personnelle. Ma grande interrogation, est-ce que, ce que je suis est mon vrai moi?

Une petite anecdote sur moi…

Je suis le dernier enfant de ma mère, j’ai deux grand-sœurs et deux grand-frères. Depuis que je me connais, j’ai toujours eu un corps  mince contrairement à mes autres sœurs et ça a été toujours de la pagaille entre moi et ma famille surtout avec ma mère. Ma taille est une vraie préoccupation pour ma mère. Dès qu’elle a l’occasion, elle m’en parle de manière assez critique. Même quand on se parle de choses très importantes, elle finit toujours par me balancer sa fameuse question « Finalement, est-ce que tu vas pas prendre du poids » parfois elle ajoute: «tes sœurs n’étaient pas comme ça, quand elles avaient ton âge, elles étaient plus grosses, je ne sais pas de qui tu as pris cette taille, dans notre famille toutes les filles sont rondes sauf toi».

Plus jeune, elle était extrêmement préoccupée par la question. Elle m’achetait des vitamines, comme quoi c’est parce que je ne mangeais pas assez que je n’arrivais pas à grossir. Malheureusement pour elle mon poids n’a jamais dépassé ce nombre de livres qu’elle trouve acceptable.

Quand je pense à l’attitude de ma mère face à ma taille, je me dis que pour elle ce comportement est très normale. Selon sa vision des choses, elle m’aide. Pour elle, j’ai toujours voulu prendre du poids. Je ne peux pas le nier, mais heureusement pour moi malgré toutes ces pressions sur mon poids, je n’en ai pas gardé de gros impacts psychologiques.

Thanks Jesus 🙂

Dans la société haïtienne que j’ai grandie, les femmes qui sont les plus convoitées par les hommes sont des femmes bien rondes. Le charme d’une femme est ultra important et c’est son corps qui joue le premier rôle.

Je me demande si ma mère a vraiment voulu que je sois comme mes deux grandes sœurs ou c’est l’image de femme que cette société lui projetait qu’elle voulait voir en moi. Peut-être avait-elle peur pour moi que je ne trouve pas un homme qui m’aime avec mon corps mince!

Je n’attends pas patiemment d’être sculpté

Je t’ai partagé cette anecdote pour t’exposer les différents types de pressions auxquelles on fait face à tous les jours face aux normes de la société.  Cette société devient notre sculpteur et malheureusement pour elle je ne suis pas et ne sera pas cette bonne pierre qui reste tranquillement à attendre d’être parfaitement sculpté.

En tant qu’individu très différent les uns des autres, on ne nous donne pas la chance de rester nous-mêmes, de vivre notre vie à notre guise. Souvent, quand on choisit de faire le contraire de ce qui se dicte, on nous met en marge.

Que serait le monde si on laissait chaque être humain être soi-même ? Avoir l’occasion de devenir ce qu’elle veut au gré de ses étapes de vie et de ses émotions.

Je sais quand on choisit de vivre une vie qui n’est pas figurée sur le menu de la société, il y a tous les vocabulaires qui s’enfilent sur nous. J’aimerais t’écrire, chère société:

I’m not a rebel, i would just be in charge of my life.

Quel est ton histoire d’acceptation de soi?

  • Les opinions exprimés dans ce texte ne concernent que l’auteur de l’article. 

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