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5 écrivains noirs à lire pour le mois de février

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Depuis 1970, le mois de février est consacré à l’histoire des noirs : « Black History Month », qui à l’origine était la « Negro History Week ». Ce mois a été choisi en raison de la coïncidence des anniversaires de deux grands personnages qui ont contribué à l’amélioration de la vie des Noirs aux États-Unis : Abraham Lincoln, seizième Président des États-Unis, né le 12 février 1809, qui a aboli l’esclavage ainsi que Frederick Douglass, né le 14 février, un ancien esclave américain devenu écrivain et orateur abolitionniste.

Pendant ce mois, des événements sont organisés sur la réflexion de la vie des noirs. Comme l’avait dit Carter G. Woodson, qui est l’un des créateurs du Black History Month : « l’enseignement des Noirs est essentiel à la survie physique et intellectuelle des Noirs dans la société ». Je l’appuie et j’ajoute que, si l’homme a besoin d’oxygène pour rester en vie, nos histoires ont besoin d’être écrites pour rester vivantes, notre futur en dépend grandement.

Puisqu’il s’agit d’un moment unique dans l’année, j’encourage et je conseille à tout le monde d’en profiter pour souligner l’histoire des Noirs en allant à des événements pour en apprendre sur les Noirs qui ont marqué l’histoire. Puis, je pense que c’est le moment de consacrer ses lectures à des œuvres d’hommes et de femmes Noir.es. Voici quelques suggestions de livres écrits par des auteurs noirs :

1- Frederick DouglassA Narattive of the life de Frederick Douglass, an American Slave (En français La vie de Frederick Douglass, esclave Américain).

« Vous avez vu comment d’un homme on fit esclave, vous verrez comment un esclave devint un homme » est l’une de mes citations préférées tirées de ce livre. Publié 20 ans avant l’abolition de l’esclavage, c’est un récit très puissant contre l’esclavage. J’ai trouvé certains passages éprouvants à lire. Il y témoigne de son expérience comme esclave dans le sud et dans le nord des États-Unis et y parle de la brutalité des maitres, de la déshumanisation des esclaves et des femmes utilisées comme mères porteuses. Certains passages teintés d’espoir m’ont réellement marquée. On y apprend comment la femme de l’un des maitres, par simple générosité, lui a appris l’alphabet. Bien qu’elle eut été contrainte d’arrêter, cet événement a été un tournant dans la vie de Douglass, qui alla jusqu’à apprendre à lire et à écrire avec l’aide de gamins blancs du quartier. Il explique comment cela a affecté sa vie.

2- Barack Obama L’audace d’espérer.

Dans son autobiographie, Obama relate son parcours politique, quand il a commencé au Sénat ou encore sa vision de la vie politique et des principes fondateurs de la constitution américaine, qui va au-delà du fractionnement entre le parti démocrate et le parti républicain. J’ai particulièrement aimé les passages historiques où Obama parle de l’importance des pères fondateurs des Amériques et de ce qu’ils ont légué à cette nation.

Il utilise son expérience personnelle en tant que père de famille pour aborder certains enjeux cruciaux de la société américaine (religion, avortement). J’ai beaucoup aimé l’éloge qu’il a fait pour sa femme Michelle en disant que s’il se présentait un jour contre elle à une élection, elle le battrait à plate couture.

3- Maya Angelou – Tant que je serai noire

J’ai lu trois autres livres de Maya Angelou et, comme chaque fois, elle réussit dans son autobiographie à jouer avec les mots dans un style propre à elle pour raconter sa vie. Dans cette œuvre, elle parle des décisions très risquées qu’elle a prises au cours de sa vie, dont son déménagement à Harlem avec son fils Guy pour réaliser son rêve de devenir écrivaine ou encore, son activisme pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis aux côtés de Martin Luther King.

J’aime beaucoup la manière dont elle parle de sa relation avec son fils. À la fois mère très protectrice, elle n’a jamais eu peur de faire des choix peu conventionnels. C’est ainsi qu’elle s’est mariée à Vusumzi Make, qui se battait pour la liberté des Noirs d’Afrique du Sud. Elle finit même par partir vivre en Afrique du Sud avec où elle deviendra journaliste.

4- Davis AngelaFemme, race et classe

C’est l’une de mes féministes préférées. Dans ce livre, Davis Angela lie le système patriarcal, le racisme et la classe sociale avec clarté. Elle nous rappelle que dans les luttes féministes, les femmes blanches sont placées en avant-plan et les femmes noires sont souvent oubliées.

5- Dany LaferrièreTout ce qu’on ne te dira pas, Mongo

Laferrière livre un dialogue entre lui et un Mongo, un jeune immigrant nouvellement arrivé au Québec. C’était une lecture édifiante pour moi. Il lui donne des conseils pour son intégration dans cette nouvelle société en lui faisant, notamment, un peu l’histoire politique du Québec. Parmi tous les livres que j’ai lus en 2016, celui-ci m’a le plus marquée. Il peut être considéré comme un guide pour les nouveaux immigrants, car immigrer dans un pays c’est aussi s’adapter à de nouvelles habitudes, de nouveaux gens. C’est toujours bon de pouvoir se fier à quelqu’un qui est passé par ces étapes pour t’aider à t’orienter. C’est ce service que Dany a rendu à Mongo. Mais, un nouvel arrivant, en lisant ce livre, va vraiment avoir l’impression que c’est lui-même le Mongo à qui Dany parle.

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