Amalgame

Le pont entre la foi et la rationalité

Un côté de ma personne que j’ai moins tendance à exposer est ma foi. Je suis née dans une famille chrétienne. Toute ma vie, j’ai été balancé entre la Genèse de la maison et la rationalité de l’école. Au-delà de tous les « mais, c’est un dogme, tu y crois juste à cause de ta famille » et des « vous êtes la lumière du monde, ne pensez pas comme les autres », j’ai trouvé mon petit confort dans un entre-deux. Je suis une personne qui n’aime pas tout mettre en opposition.*Attention, ça existe des faits qui sont opposés pis c’est bein chill comme ça*. Toutefois, je n’aime pas définir mon monde de la sorte. C’est encore plus vrai quand il est question du fameux débat qui m’a accompagné toute ma vie entre la foi et la science.

Je m’en souviens, lorsque j’étais en secondaire trois précisément, dans mes cours de science à l’école, nous voyions brièvement la biologie du corps humain, puis j’étais toujours émerveillée en sortant du cours. Je ne voyais pas ce cours comme un obstacle à mes croyances, mais plutôt comme un complément à celles-ci. D’ailleurs, c’est un réflexe assez biblique de penser comme ça, parce que la science n’est que louangée dans le recueil religieux. Je trouve cela assez dommage que cet appel à la soif de connaissance soit un côté plutôt dissimulé lorsque nous parlons de religion. Ça a parfois même tendance à se perdre à l’interne de l’Église, ce qui m’attriste davantage. Donc, tant qu’à écrire sur le christianisme, je le ferai afin de tenter de réconcilier ces deux réalités, ou du moins, vous présenter comment, moi, je l’ai fait dans mon petit entre-deux confortable afin qu’au moins vous connaissiez une nouvelle facette de la religion.

La « foi » de la science

La foi est un concept qui peut sembler a priori plutôt illogique lorsque nous ne prenons pas la peine de l’évaluer. Pourtant, l’irrationalité a une plus grande part dans l’humanité qu’elle  tente de lui concéder. L’être humain tente en permanence de décrire son monde et sa réalité bien qu’il soit immensément plus petit que ces derniers. Pour ce faire, il n’a donc que le choix de se reposer sur des théories exhaustivement étudiées. Toutefois, ce qu’on tend trop souvent à oublier est que dû à nos limites, nous devons bâtir plusieurs de nos théories sur des faits assumés. C’est ce qu’on appelle un axiome. Plus exactement, il s’agit d’un fait qu’on doit considérer comme vérité absolue pour qu’une idéologie ou réflexion logique se tienne.

« L’être humain n’a d’autres choix que de se plier devant son incompétence et appuyer ses théories sur des concepts qu’il doit tenir pour acquis, que ce soit l’existence de Dieu ou de l’infini. »

Comprenez-moi, mon but n’est en aucun cas de réduire la valeur de n’importe quelle théorie à cause de l’utilité des axiomes. Il s’agit d’un brillant outil prouvant que nous ne laissons pas nos barrières bloquer notre intellect, ce que j’applaudis. La raison de cet énoncé de ma part est plutôt pour rappeler une chose dont les individus n’aiment pas se souvenir : nous sommes des êtres irrationnels qui sommes en constante recherche d’explication sur notre univers. Dans la science comme dans la religion, l’être humain n’a d’autres choix que de se plier devant son incompétence et appuyer ses théories sur des concepts qu’il doit tenir pour acquis, que ce soit l’existence de Dieu ou de l’infini (axiome du monde mathématique). Ces deux réalités sont les deux idéologies souvent placées en opposition, puisque les réponses qu’elles donnent sont totalement différentes. Pourquoi cela ? C’est que les deux ne répondent pas aux mêmes questions, simplement. La religion s’intéresse davantage au côté moral de l’être humain, tandis que la science s’attarde davantage à son encadrement. Elles ne devraient pas être appelées à une telle séparation du moment qu’elles peuvent être complémentaires pour quiconque qui décide d’adhérer aux croyances religieuses.

L’irrationalité au quotidien

Tout le monde n’a peut-être pas la foi — ce qui est tout à fait correct —, mais tout le monde porte en soi des comportements irrationnels. Je ne pense pas aux émotions avec ce propos, car bien que ce soit vrai, ce serait un argument beaucoup trop facile et un peu hors contexte. Je pense plutôt ici à la pensée magique. C’est un terme couvert par plusieurs sciences humaines, notamment l’anthropologie et la psychologie. Il peut définir plusieurs types de comportements, mais grossièrement il s’agit de la tendance des humains de donner une signification aux symboles. *Quétaine alert* Par exemple, lorsque leur partenaire laisse un vêtement chez eux, certains pourraient le serrer pour remplacer la présence de celui-ci ou croiser les doigts avant de regarder leur note dans un examen dans l’espoir de passer ; ces comportements ont en commun la pensée magique. Celle-ci est tant intégrée qu’on ne se rend même pas compte de la profondeur de l’illogisme de ce genre de comportements qui sont ancrés dans notre quotidien. Pourtant, il faut bien admettre, entre vous et moi, que la veste n’est rien de plus qu’un bout de tissu légèrement imbibé de l’odeur de son propriétaire et que la note ne va pas non plus subitement changer grâce à l’emplacement de nos doigts. Pourtant, cela ne change pas que ces habitudes demeurent. C’est parce que même lorsque nous n’avons aucune assurance de la pertinence de nos actes, ou qu’au contraire nous connaissons l’étendue de notre impertinence, la spiritualité qu’importe sa forme a des effets bénéfiques pour créer un confort qui dépasse la logique.

Le point crucial à retenir de mon article est que de voir les religieux comme des personnes qui n’ont pas d’esprit critique est faux et assez frustrant. Je ne tairais pas que cela puisse être le cas, mais d’assumer que ce soit le cas de tous les religieux est plus fictif. Quant à moi, ce qui a forgé ma foi est en fait l’école, car tout mon discours sur la foi ne vient pas de mon pasteur, mais plutôt des conclusions que j’ai tirées à partir de matières apprises en classe. C’est pourquoi je vous invite à continuer de penser ce que vous voudrez de la religion, mais cessez, pour l’amour de Dieu, de nous infantiliser.

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