Amalgame

L’influence magique des poupées noires: Diversité et estime de soi

Il y a environ deux mois, on m’a parlé d’une fille qui faisait des Barbies noires, Orphanie Leroy. Et son travail m’a réellement interpellée. À sa façon, elle contribue à cette belle remontée en créant de magnifiques poupées noires à l’image de nos fillettes. Elle a décidé d’en faire pour combler un manque qu’il y avait et qu’il y a toujours sur le marché !

Te rappelles-tu de la fameuse vidéo qui était virale où l’on voyait de petits enfants noirs choisir la poupée blanche en dépit de la noire, car ils la trouvaient supposément plus jolie ? On sait tous que l’intention des enfants n’était pas méchante. Ils avaient été influencés par les standards de beauté de l’époque. Et ils ont tout simplement verbalisé ce qu’ils voyaient continuellement dans les médias. Je me demande encore si on leur a mis une réponse toute faite dans la bouche ou si cela venait vraiment d’eux-mêmes.

Pendant mon enfance, je n’ai jamais eu de Barbies noires (ce n’est pas l’envie qui me manquait). Ma cousine avait une grosse poupée noire, et j’en étais presque jalouse. Je n’avais que des poupées blanches, et aujourd’hui, je me rends compte que cela a joué dans la perception que j’avais de moi-même physiquement. J’ai fait beaucoup de choses pour ne pas ressembler à moi-même. Quant à ma cousine, elle n’a jamais changé, elle est toujours restée la même physiquement. Heureusement, je suis devenue plus mature, et je me suis rendu compte qu’on est beaucoup plus heureux lorsqu’on s’accepte comme on est plutôt que lorsqu’on se force à ressembler aux modèles des médias.

L’idée géniale d’Orphanie a piqué ma curiosité. N’est-il pas essentiel que les jeunes filles aient des modèles de jouets qui leur ressemblent ?

 

« Nous avons beaucoup de rattrapage à faire dans notre communauté, et ce, sur plusieurs aspects ; et le type de jouets dont disposent nos enfants ne fait pas exception à la règle. Je suis consciente que nous venons de très très loin comme peuple et que nous sommes toujours en train de remonter la pente en 2017 », m’a-t-elle confié.

Elle croit qu’il s’agit d’un hommage à la petite fille en elle  : « Ces poupées, j’aurais ADORÉ en avoir comme elles quand j’étais petite. Et j’ai beaucoup de femmes adultes qui disent la même chose ! Je retombe carrément en enfance lorsque je les conçois. »

Orphanie a maintenant le bonheur de pouvoir donner libre cours à son imagination et à sa créativité en créant elle-même les coiffures et les vêtements de ses Barbies noires. Par curiosité, je lui ai demandé si cela avait été difficile pour elle de partir ce projet. Elle m’a dit que cela avait été très facile. Dès qu’elle a eu l’idée, elle est tout de suite passée en mode expérimentation. Elle a trouvé quelques Barbies. Elle avait déjà de la colle et des mèches de cheveux pour la coiffure, du tissu pour les vêtements. Elle s’est toute de suite mise au travail. Avec le temps, elle a développé de nouvelles techniques, autant pour les cheveux que pour les vêtements, et elle s’améliore chaque fois. L’Internet l’a beaucoup aidée aussi, surtout les tutoriels. En ce moment, elle est en formation pour un lancement d’entreprise avec la Firme Maxime Victor dans le but d’accumuler tous les outils nécessaires pour faire le grand lancement de sa propre compagnie, Les Poupées d’Or, à l’été 2017 !

Ce genre de projet demande de voir les choses en grand et même de se permettre de rêver. J’ai demandé à Orphanie ses buts espérés pour ce si beau projet auprès de notre communauté, et elle m’a dit qu’il y avait tellement de possibilités qui s’offraient à elle ! Elle est d’ailleurs très reconnaissante de l’encouragement et du support qu’elle reçoit autant de la famille et des amis que des gens qui achètent ses poupées.

« Si cette vision et ce talent m’ont été donnés, je sais que c’est pour une bonne raison. Mon but ultime, c’est d’ouvrir ma fabrique de poupées dans la ville des Cayes, en Haïti. Non seulement je contribuerai à l’économie de mon pays d’origine, mais nous aurons des poupées “Made in Haïti”  distribuées partout à travers le monde. »

Pour finir, je voulais savoir si elle avait eu des modèles lorsqu’elle était plus jeune et quels avaient été les impacts de ses modèles sur sa personne. Eh bien, oui, elle a eu de magnifiques exemples à suivre pendant son enfance, dont sa mère qui était une entrepreneure. Elle répétait toujours « Je ne peux pas avoir de patron », et cela est resté  à sa fille ! Bien qu’elle soit Haïtienne, sa mère portait toujours de belles robes en pagne africain avec de beaux tissus de la même couleur entourant ses cheveux. « Cela m’a aussi marquée, dit Orphanie. C’est une femme forte, déterminée et remplie de talent. » Il y a également eu sa tante Maryse et son défunt époux qui lui ont montré à quoi ressemblait un couple solide et uni, autant en mariage qu’en affaires. Et finalement, la grande dame Oprah qui continue de l’inspirer jusqu’à ce jour. Elle écoute ses paroles sages et inspirantes lorsqu’elle est en plein mode de création. Et elle compte bien faire sa rencontre un jour !

Un gros merci à Orphanie qui a eu cette si belle idée. J’espère que ça grandira et aura un grand impact sur notre communauté noire. Je lui souhaite tout le succès qu’elle mérite.

Si vous voulez commander ces barbies, il faut écrire directement à Orphanie via la page Facebook Les poupées d’or 

____________________

Amalgame est à la recherche de nouveaux rédacteurs. Soumets ta candidature avant le 6 mai 2017. 

Tous les détails ici:  Amalgame cherche des rédactrices, rédacteurs. Ça pourrait être toi! – Amalgame

Suivez-nous sur Facebook

Abonnez-vous à notre infolettre

Wishbone

Amalgame vous recommande