Amalgame

5 actions à faire en tant qu’allié.e lors du Mois de l’Histoire des Noir.e.s

C’est le mois de l’Histoire des Noir.e.s! HIIIIII!! *twerking de célébration*

À chaque année depuis déjà 12 ans au Québec, le mois de février représente une belle période où les personnes noires se permettent d’être plus bruyant qu’habituellement sur leur fierté d’être embrassées par le soleil. Cette fierté en dérange certains (stay mad!), mais pour d’autres, c’est une beauté qu’ils admirent et apprécient de loin. C’est d’ailleurs sur ce fait que s’attardera l’article; comment ne pas demeurer spectateur\trice en tant que personne non-noire? Le mois de l’Histoire des Noir.e.s n’a pas été conçu que pour les personnes noires. En fait, je dirais même qu’au contraire – à mes yeux, du moins – il s’agit d’un appel aux allié.e.s. Notre fierté dure à l’année longue, mais quelles actions et réflexions différentes pouvez-vous avoir lors de ce mois pour vous considérer allié de nos luttes? Voici quelques pistes:

 

1: Buy black!

L’oppression des Noir.e.s est très intimement liée au classisme qui est le traitement différentiel de l’État selon la classe sociale. Bien que toute personne à faible revenu puisse vivre du classisme, on ne peut ignorer que cette oppression a été un grand outil pour accentuer la négrophobie et le racisme. Le stéréotype stipulant que toutes les personnes noires sont pauvres est faux, mais il prend en partie origine dans la réalité qu’ils ont accès à moins de ressources qui ont pour conséquence l’appauvrissement généralisé des communautés afros. Toutefois, malgré les barrières systémiques, il y a toujours eu de belles initiatives conçues par des Noir.e.s et ce, partout sur le globe. Partout sur le globe comprends donc la localité. Analysez les achats que vous vouliez faire prochainement et tenter de trouver des entreprises appartenant à des Noir.e.s pour les faire en favorisant la localité. Pas besoin de piger aux États-Unis pour trouver du black magic! Voici ma proposition d’entreprises et/ou produits qui pourraient vous inspirer:

  • Librairie Racines
  • Nagi Cosmetics
  • Salon Nancy Falaise (salon de coiffure)
  • Artizans (salon de coiffure)
  • Cha Lau Fable, qui est également une rédactrice d’Amalgame offre des readings à des coûts très abordables! Je témoigne en tant que cliente plus que satisfaite.

Sans oublier tous les restaurants et casse-croûtes et autres projets des communautés noires du Québec!

 

2: Informez-vous sur l’Histoire des Afro-Canadiens

Le mois de l’Histoire des Noir.e.s invite déjà explicitement à se renseigner sur les implications volontaires et forcées des personnes noires au Canada et ailleurs. Je nomme le Canada car le système d’éducation canadien et québécois offre une vision très homogène des populations qui ont contribué au pays dans lequel nous vivons. Cette éducation a plusieurs répercussions principalement sur le processus d’identification des personnes afro-canadiennes, mais également sur celui des personnes canadiennes blanches qui assument leur statut canadien. C’est cette réalité qui accentue le « eux et nous » et mène nécessairement vers les micro-agressions. Se renseigner sur le passé c’est se déconstruire, décoloniser son esprit, mais surtout ouvrir la porte à un meilleur futur. Notez bien, que ce conseil est autant crucial lorsqu’il s’agit des communautés autochtones. Voici des liens qui pourraient vous aider:

 

 

3: Éduquez-vous sur nos oppressions

« Pourquoi un mois des Noir.e.s? Pourquoi si nous on dit nègre c’est raciste et pas eux? Les noir.e.s s’entretuent aussi, pourquoi on n’en parle pas? » Oui, vraiment, pourquoi ? Ce sont des questions qui sont déjà répondues, vous savez. Les personnes avec ces discours n’ont rien inventé, ces questions sont des sujets d’études depuis longtemps. Vous pouvez peut-être lire ces réflexions et ne pas vous reconnaître, mais je demeure persuadée qu’il n’est pas possible de comprendre les réponses de ces questions sans avoir une compréhension de base des dynamiques de pouvoir. Sans comprendre l’étendue d’une oppression, il est facile de trouver injustes ou désuets ces « traitements différentiels ». Pour cette étape, il ne faut pas avoir peur des mots. Le racisme a une connotation très forte dans notre société car elle doit nécessairement renvoyée au lynchage et au KKK. En fait, le racisme et tous ces mots qui font peur renvoient à notre organisation sociétale qui est fondée sur des discriminations. Être « raciste » ne veut pas dire être méchant, mais plutôt que nous sommes tous conditionné.e.s à avoir un regard différent à l’égard des populations dites de couleur. Il en est d’ailleurs de même pour toutes oppressions. Refuser ces définitions, c’est refuser la discussion, refuser le changement. Voici une entrée en matière à propos de l’oppression, le privilège et l’intersectionnalité:

De plus, vous pouvez rester à l’affût des évènements qui pourraient expliquer certaines notions de façon ludique. Il y a plusieurs panels et conférences d’ordre anti-oppressif qui s’offrent occasionnellement. Sinon, vous pouvez toujours utiliser vos espaces pour inviter des conférencier\ères qui traitent ces questions. Moi-même, à mes heures, je monte des ateliers sur des questions féministes et antiracistes et il y a également Vincent Mousseau qui est un conférencier indépendant également. Voici son site: http://www.vincentmousseau.net/en/. Pour ma part, je n’ai pas encore de site, mais vous pouvez me contacter en messages privés. Pour finir, suivez la page Tout le Hood en parle https://www.facebook.com/toutlehoodenparle/ qui promeut des panels qui ont généralement lieu à la librairie Racines.

La programmation du mois de l’histoire des noirs regorge d’activités très intéressantes les unes que les autres: vous pouvez également faire un tour à l’un d’entre eux. ici: https://moishistoiredesnoirs.com/activities/

 

4: Ne restez pas silencieuses\x

C’est très bien d’être éduqué.e, mais à quoi servent ces connaissances si vous les gardez dans un placard? Nous vivons dans une ère où tout le monde peut prendre la parole et bien que ça ait son lot de dangers, il y a également de bons côtés à cela. Si les messages de haine peuvent se répandre plus rapidement à cause d’internet, les messages anti-oppressifs peuvent également répliquer. Cela dit, ce n’est pas que la tâche des personnes oppressées de prendre la parole. C’est très épuisant de le faire, surtout gratuitement en s’exposant à des commentaires violents qui questionnent la légitimité de notre existence. Notre résilience est belle, mais pas éternelle. Nous avons besoin d’allié.e.s qui ne se contenteront pas uniquement d’être un j’aime silencieux. Être allié.e commence avant tout chez soi. Proclamez-vous votre désaccord face à des propos problématiques à l’heure du souper? Durant les réveillons? Avec votre partenaire? Il faut savoir choisir ses combats, mais si ces choix ne concordent qu’avec vos propres problèmes, c’est une paresse de privilégié.e.s. Prendre la parole peut être très ardu, mais c’est justement pour ça qu’il faut le faire car c’est encore plus difficile pour les personnes concernées. Les enjeux et la peur que cela peut engendrer sont beaucoup plus grands.

 

5: Excusez-vous à vos ami.e.s noir.e.s

Celui-ci semble être le plus simple, mais il est sans doute le plus ardu. C’est selon moi celui-là qui démontre la plus grande compréhension des points nommés ci-dessus. Comme mentionné au troisième point, nous avons été conditionnés à être raciste. Il ne fait donc en aucun cas avoir la prétention que ce conditionnement n’a pas teinté vos relations interpersonnelles. N’attendez pas de vous souvenir de moments problématiques pour le faire. Il est possible, qu’il n’y a rien qui aille marqué votre ami.e mais le geste représente beaucoup. Il représente que vous prenez conscience que vous faites parti.e malgré vous du problème et que vous voulez à tout prix changer cela. Suite au mouvement #Moiaussi, certains hommes se sont excusés publiquement et même en privé car ils réalisaient qu’ils avaient peut-être malgré eux blessé leur entourage féminin. Il faut avoir la même réflexion par rapport à la négrophobie. Les micros-agressions font déjà parties de nos vies, s’excuser pour en avoir causées, c’est tenter d’enlever la banalité autour de notre oppression.

Il est important de ne pas avoir la prétention que ces actions feront de vous l’élément qui viendra mettre fin à la négrophobie. Le système est sans aucun doute plus grand que votre personne, mais vous en faites tout de même parti d’où la nécessité de prendre conscience. La prise de conscience est un long processus voir même un parcours qui ne s’arrête pas vraiment. Cette liste est donc assurément valide à l’année longue!

Pour finir, j’invite les personnes noires qui lisent ceci à suivre les étapes ci-dessus. Nous devons solidifier notre argumentaire et nous soutenir davantage. Je n’encourage pas tout le monde à devenir des experts en sciences humaines, mais ayons au minimum une base commune. Comprenons également notre diversité, autant au sens identitaire qu’au sens des oppressions. Être noir.e n’efface pas les autres privilèges dont nous pouvons bénéficier. Comprenant la lourdeur de notre oppression, n’utilisons pas nos privilèges et plateformes pour rendre le tout plus ardu pour d’autres personnes noires qui sont au centre de dangereuses intersections. Utilisons plutôt nos plateformes, qu’importent soient-elles, pour changer le discours.

Suivez-nous sur Facebook

Abonnez-vous à notre infolettre

Wishbone

Amalgame vous recommande